Lundi 2 mai 2005

Consultante de Gérald Tilki, thérapeute en Avignon (spécialiste élixirs floraux).

Olfacto…THERAPIE ? ( !) mais je ne suis pas malade ! Tout au plus, comme tout un chacun, quelques « freins » persistent.

L’idée me séduit néanmoins, le concept quoique curieux de prime abord me paraît obéir à une certaine logique : chacun de nos sens, différents et complémentaires, a son propre vécu d’un même événement.

Il est très difficile de se remémorer spontanément un parfum, l’assistance d’un ‘’support d’odeur’’ utilisé en Olfactothérapie est un puissant catalyseur.

Donc j’ose.

Je pense qu’un travail personnel entamé depuis un certain temps déjà me mettra à l’abri d’un effet trop perturbateur. Je me trompe.

J’arrive le jour dit dans de bonnes dispositions, aucune raison valable de verser des larmes… Je me trompe encore.

Allongée sur la table, les paupières closes je suis prise d’un doute. Pour quelles raisons réagirais-je aux mêmes stimuli olfactifs que tout le monde ?

En se dispersant les premières molécules interrompent mes réflexions… Cela sent le propre…un écran de TV s’allume dans ma tête : un cube de savon, ma cuisine, tout est net, je me sens bien nettoyée. J’aime.

D’autres odeurs se succèdent moins évocatrices quoique agréables ou peu déplaisantes. Et puis fatalement, il y a celle qui dérange !

Un premier mouvement de mon esprit me pousse à refuser l’évidence (je déteste), j’énonce une classification « neutre » d’autant moins convaincante pour le thérapeute que mon corps exprime l’inverse. Il respecte mon choix… pour un instant seulement.

Il me représente au final cette même odeur.

Mon esprit déjoué se laisse explorer cette fois. Plan serré sur un bureau d’écolier. La table est couverte d’inscriptions à l’encre bleue, le bois porte de nombreuses écorchures : serment gravé ? Il n’y a personne dans la salle de classe.

Un changement brutal de chaîne me projette dans une pièce noire. J’observe mon père à travers une vitre, un miroir sans tain plus exactement. Il a l’air en colère. Je me sens oppressée.

Le thérapeute me propose d’entrer dans la pièce où se trouve mon père.

Lorsque j’y pénètre j’ai 10 ans peut-être… je suis submergée par une grande tristesse, des larmes roulent sur mes joues du fond de ma mémoire, les mêmes sillonnent mon visage aux yeux fermés sur la table. Pas de sanglot. C’est une douleur qui vient de loin, elle a perdu en chemin la violence de la colère mais a conservé toute son intensité.

Ma maman fait face à mon père, je la vois maintenant. Je ne connais l’objet de leur discussion. Je ne suis pas à ma place là, petit spectateur importun parmi ces adultes.

Mon père aimerait me voir partir. Je reste.

Le thérapeute me propose de m’asseoir, j’hésite… « si je m’assois je serais trop petite » lui dis-je à plusieurs reprises. De fait, une fois assise je n’ai guère plus de 3 ans. Etrange métamorphose élaborée par mon esprit.

Je choisis enfin de quitter la pièce, je grandis en m’éloignant.

Après quelques manipulations, je suis toute surprise, d’une ennemie je me suis faite une alliée, ‘’l’odeur’’ s’est transformée en ‘’parfum’’… et la peine inconsciente en paix durable.

…Plus tard dans la soirée je riais aux éclats. Il ne me reste rien de ma souffrance. Je me sens légère. MERCI.

Par Fournil - Publié dans : C : Témoignage séance Olfactothérapie
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