Consultante de Gérald Tilki, thérapeute en Avignon (spécialiste élixirs floraux).
Olfacto THERAPIE ? ( !) mais je ne suis pas malade ! Tout au plus, comme tout un chacun, quelques « freins » persistent.
Lidée me séduit néanmoins, le concept quoique curieux de prime abord me paraît obéir à une certaine logique : chacun de nos sens, différents et complémentaires, a son propre vécu dun même événement.
Il est très difficile de se remémorer spontanément un parfum, lassistance dun support dodeur utilisé en Olfactothérapie est un puissant catalyseur.
Donc jose.
Je pense quun travail personnel entamé depuis un certain temps déjà me mettra à labri dun effet trop perturbateur. Je me trompe.
Jarrive le jour dit dans de bonnes dispositions, aucune raison valable de verser des larmes Je me trompe encore.
Allongée sur la table, les paupières closes je suis prise dun doute. Pour quelles raisons réagirais-je aux mêmes stimuli olfactifs que tout le monde ?
En se dispersant les premières molécules interrompent mes réflexions Cela sent le propre un écran de TV sallume dans ma tête : un cube de savon, ma cuisine, tout est net, je me sens bien nettoyée. Jaime.
Dautres odeurs se succèdent moins évocatrices quoique agréables ou peu déplaisantes. Et puis fatalement, il y a celle qui dérange !
Un premier mouvement de mon esprit me pousse à refuser lévidence (je déteste), jénonce une classification « neutre » dautant moins convaincante pour le thérapeute que mon corps exprime linverse. Il respecte mon choix pour un instant seulement.
Il me représente au final cette même odeur.
Mon esprit déjoué se laisse explorer cette fois. Plan serré sur un bureau décolier. La table est couverte dinscriptions à lencre bleue, le bois porte de nombreuses écorchures : serment gravé ? Il ny a personne dans la salle de classe.
Un changement brutal de chaîne me projette dans une pièce noire. Jobserve mon père à travers une vitre, un miroir sans tain plus exactement. Il a lair en colère. Je me sens oppressée.
Le thérapeute me propose dentrer dans la pièce où se trouve mon père.
Lorsque jy pénètre jai 10 ans peut-être je suis submergée par une grande tristesse, des larmes roulent sur mes joues du fond de ma mémoire, les mêmes sillonnent mon visage aux yeux fermés sur la table. Pas de sanglot. Cest une douleur qui vient de loin, elle a perdu en chemin la violence de la colère mais a conservé toute son intensité.
Ma maman fait face à mon père, je la vois maintenant. Je ne connais lobjet de leur discussion. Je ne suis pas à ma place là, petit spectateur importun parmi ces adultes.
Mon père aimerait me voir partir. Je reste.
Le thérapeute me propose de masseoir, jhésite « si je massois je serais trop petite » lui dis-je à plusieurs reprises. De fait, une fois assise je nai guère plus de 3 ans. Etrange métamorphose élaborée par mon esprit.
Je choisis enfin de quitter la pièce, je grandis en méloignant.
Après quelques manipulations, je suis toute surprise, dune ennemie je me suis faite une alliée, lodeur sest transformée en parfum et la peine inconsciente en paix durable.
Plus tard dans la soirée je riais aux éclats. Il ne me reste rien de ma souffrance. Je me sens légère. MERCI.
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