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C : Témoignage séance Olfactothérapie

Lundi 2 mai 2005 1 02 /05 /2005 00:00

Un jeudi de l’Ascension, un jour presque ordinaire, un départ programmé pour un week-end prolongé. Pourquoi pas ? Des amis agréables, un cadre privilégié, une douceur printanière….On ne pense pas que le téléphone va sonner, ou plutôt on le souhaite si fort et de façon permanente que le désir est comme anesthésié…Et il sonne….A une heure inconvenante pour un jour férié !! Comme d’habitude…Pourtant c’est si bon d’entendre cette voix et d’engager une conversation dont on sait qu’elle sera de toute façon enrichissante…Elle commence toujours par quelques banalités comme si l’accroche paraissait ardue puis, une proposition : « j’ai quelque chose de bon pour toi, tu devrais essayer ». Difficultés d’organisation…Fausses excuses, la peur peut-être, encore elle, ce mélange de confiance et de crainte, d’envie et de refus……L’olfactothérapie ? Qu’est-ce encore ? J’en comprends le concept mais comme à l’accoutumée j’ai quelques difficultés à en imaginer la finalité. Mais ma curiosité est piquée. Allons-y…..

Un lieu et une personne aimés, un ami, un gourou, un thérapeute…Que va-t-il encore se passer ? Il faut s’allonger, fermer les yeux, avoir un nez parfaitement propre et ne porter sur soi aucune odeur, aucun parfum qui puisse contrarier ceux qui vont être présentés à mon odorat. Ces odeurs devront être classées en quatre catégories : aimées, moyennement aimées mais plutôt agréables, toujours moyennement aimées mais pas appréciées et puis détestées. Allons-y…..

Les deux premières furent dans la catégorie moyenne. Elles n’éveillaient rien de spécial en moi. J’aimais la troisième. Une sensation de fraîcheur…. » A quoi penses-tu là à ce moment précis ? », me demanda-t-il. «Un paysage doux, vallonné, reposant, clair ». « Quel âge as-tu ? ». Je n’avais pas d’âge, en fait je ne me voyais pas. Je contemplais ce paysage et il était intemporel. Il était apaisant. D’autres odeurs moyennes…Allons-y encore.

Et puis soudain, sous mes narines, quelque chose de repoussant, de répugnant. Mes sourcils se froncent, j’ai envie de me détourner. « Et là que vois-tu ? ». C’était sombre, une forêt remplie d’arbres noirs, au tronc torturé, enchevêtrés, sans feuilles. Au milieu ? Une porte.épaisse, lourde. « Non je ne veux pas la pousser !!». J’ai une odeur de terre dans la bouche……De la terre ? Mais quelle terre ? « Celle que l’on jette symboliquement sur les cercueils avant d’en poursuivre l’inhumation. Celle qui résonne sur cette boîte à jamais scellée qui emmène…. »Maman !! Pourquoi m’as-tu abandonnée ? Pourquoi m’as-tu laissée seule ? » Je craque, je pleure. Je ne suis plus là….Ma mère me manque. Elle que je n’ai quasiment pas pleurée et à qui je n’ai pas su parler. J’ai vécu sa disparition avec froideur comme si je voulais me défendre d’une quelconque affection à son égard. Pourquoi ? De quoi ai-je manqué ? Quelles empreintes ont été laissées par son attitude qui se voulait aimante et distante à la fois ? Question d’éducation certainement et puis cette dépression chronique qui me laissait moi, la petite fille, toujours dans l’inquiétude d’un abandon temporaire ou définitif. Toujours lui dont la crainte me poursuit encore aujourd’hui.

Une voix me ramène à la réalité : « Mais non tu n’es pas seule». Je me calme. Il va maintenant falloir que cette odeur devienne si ce n’est agréable, tout du moins acceptable..J’en doute. Allons-y…..

Si je n’avais pas en elle une confiance totale j’aurais très certainement traité de charlatan la personne qui me présentait une odeur classée désormais dans la catégorie moyenne. Non ? Impossible, ce n’était pas la même !! « Si je te l’assure ». Alors j’y crois. Mais au-delà de cette «conversion », de cette odeur redevenue presque agréable, il y a cette expérience supplémentaire, cette introspection du passé, cette impression de libération même si elle est partielle.

J’ai pris la route bouleversée. Toute la journée, celles qui ont suivi et aujourd’hui encore j’y pense. Mais l’émotion a engendré la prise de conscience et a laissé place à la sérénité. D’autres conversations, d’autres rencontres, d’autres lectures, m’avaient déjà mise sur la voie mais énormément de chemin reste à faire. L’essentiel c’est d’avoir, grâce à cette séance, su tirer le fil de l’écheveau, celui qui permet de le dérouler et d’en faire une pelote aux formes parfaites, ronde, lisse comme le sein d’un mère….Plus d’enchevêtrement…..Alors si vous avez vous aussi envie de tenter l’expérience, allez-y…..

Consultante anonyme

Par Fournil - Publié dans : C : Témoignage séance Olfactothérapie
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